Puget-Théniers


Située dans les Alpes-Maritimes à la limite des Alpes-de-Haute-Provence, d'une altitude de 410 mètres, d'une superficie de 2145 ha, longée par la tumultueuse route nationale 202, ramassée au confluent de la Roudoule et du Var, Puget-Théniers n'est éloignée que de cinquante sept kilomètres de l'aéroport international Nice Côte d'Azur. Bien que dans le passé elle eu compté jusqu'à 6000 habitants, aujourd'hui on en dénombre environ 2000.

Sous-préfecture de 1805 à 1926, plusieurs personnalités l'ont illustré au court des siècles :
  • Bertrand du Puget troubadour au XIIIº siècle.
  • Pierre de Villars (1517-1598) exhorta Henri IV à se rallier à la religion catholique.
  • Maximilien Isnardy (1748-1820) bibliothécaire particulier de Napoléon Ier, il en écrivit la vie.
  • L'abbé Jean-Pierre Papon dont ce site est dédié (1734-1803).
  • Louis-Auguste Blanqui (1805-1881) révolutionnaire, il participa activement aux journées d'insurrection de 1848 et passa plus de 36 ans de sa vie en prison, son père Jean-Dominique en fut le premier sous-préfet.

Dans sa magistrale Histoire Générale de Provence (Tome I), l'abbé Papon nous décrit les peuples des Alpes-Maritimes : « La province des Alpes-Maritimes était comprise dans l'Italie et s'étendait d'un côté, depuis Nice jusqu’à Embrun et de l'autre, depuis Vence jusqu'au-delà des montagnes dans le Piémont. Ainsi les peuples qui habitaient en-déçà du Var, mais qui relevaient du président des Alpes-Maritimes, dépendaient de l’Italie, quoiqu'ils fussent situés dans les Gaules. On appelait Liguriens-Chevelus, selon Pline, Ligures-Capillati, les habitants de cette partie des montagnes où sont les diocèses de Nice, de Glandèves et de Senez. La situation avantageuse du pays fut cause qu'ils se maintinrent dans l'indépendance plus longtemps que la plupart des nations gauloises. Le sénat de Rome aima mieux leur laisser la liberté de se gouverner par leurs propres lois, moyennant un tribut, que d'envoyer des troupes dans les défilés des Alpes où elles auraient péri, tandis qu'elles pouvaient faire ailleurs des conquêtes plus faciles. Cette forme de gouvernement dura jusqu'au temps où Auguste se fut rendu maître de l'empire. Alors, il les soumit à son obéissance et réduisit leur pays en province, treize ans avant Jésus-Christ. Ces Montagnards étaient barbares. Diodore de Sicile nous les représente accablés de misère dans un pays stérile, qui ne produisait ni vin, ni blé et où l'on avait pour toute nourriture que du gibier et quelques légumes. Ils couchaient sur des peaux ou sur des feuilles d'arbre. Un petit nombre habitait sous des chaumières, les autres logeaient dans le creux des rochers, ou dans des cavernes formées par la nature. Cette privation forcée des commodités de la vie, les rendait robustes, agiles et propres à tous les travaux. Du temps de Pline le naturaliste, qui vivait environ cent ans après Diodre de Sicile, ils étaient moins sauvages. Le gouvernement et la religion des romains, le commerce de la province, la politesse et les arts qui régnaient dans les grandes villes, avaient répandu quelques idées d'humanité parmi des hommes, qui, par la situation des lieux devaient avoir plus d'esprit que de lumières, plus de moeurs que d'urbanité, plus de cupidité que de luxe. On trouve les noms de ces différents peuples dans l'inscription qu'Auguste fit graver sur un trophée, dont on voit encore les vestiges à la Turbie, entre Nice et Monaco. »

Noms des peuples situés dans la Provence et gravés sur le Trophée d'Auguste à La Turbie :

EDENATES. ESVBIANI. VEAMINI. GALLITAE.
TRIVLLATI. ECTINI. VERGVNNI. EGVITVRI.
NEMENTVRI. ORATELLI. NERVSII. VELAVNI. SVETRI.

Nous retiendrons le peuple ECTINI qui tirerait son nom de celui de la Tinée, car il est plus que vraisemblable qu'étymologiquement le nom de Puget-Théniers ait pour origine celui de cette peuplade ligure qui occupait une assez grande étendue de territoire entre la Tinée et le Var, depuis la source de la première, jusqu'au village de Thoêt. Ils lui donnèrent le nom de Podietum Ectinorum en latin Pugetum Tinœarum qui par déformation deviendra le Puget de Téniers puis Puget-Théniers.

L'histoire de Puget-Théniers s'égrène sur plusieurs siècles, les Ectini en sont ses premiers habitants connus. Jules César y fit établir une colonie dirigée par le tribun et censeur de la plèbe Publius Niger vers l'an 49 avant Jésus-Christ. Il établit son camp au pied du rocher des Traimières, au quartier qui s'appela depuis la Coste, en mémoire du centurion Costus Nevus, chef des soldats vétérans, qui y fut enseveli. Après la Pax Romana, les invasions barbares et sarrasines, vers 1070 la ville est partagée entre la baronnie de Beuil et les comtes de Provence. Après Nice en 1385, en 1400 Puget-Théniers est rattachée au domaine de la Maison de Savoie. Le traité du 24 mars 1860 et le suffrage universel consulté le 15 avril 1860, consacrèrent définitivement le retour de Puget-Théniers à la France.



Sources:
- Archives Départementales des Alpes-Maritimes 06000 Nice
- Histoire Générale de Provence, par M. Papon - Paris, 1777 à 1786
- Voyage dans le département des Alpes Maritimes, par S. Papon - Paris, 1804
- Histoire Civile et Religieuse de la Cité de Nice et du département des A.-M., par E. Tisserand - Nice, 1862
Bibliographie:
- Histoire de Puget-Théniers, par Charles Jacquet - Don-Bosco, Nice, 1941


Dernière modification le 18 novembre 2005.