Abbé Terray (1715-1778)

L’abbé Joseph-Marie Terray , contrôleur général des finances de France, naquit à Boën, petite ville du Forez, au mois de décembre 1715. Fils de Jean Terray, simple tabellion selon les uns, fermier général selon les autres. Au reste, la fortune du fils remonte à son oncle, qui était premier médecin de la mère du duc d’Orléans, régent, et qui appela le jeune Terray dans la capitale, lui fit faire ses études au collège de Juilly et lui acheta une charge de conseiller clerc au parlement, où Joseph Terray fut reçu, le 17 février 1736. Le nouveau conseiller mena d’abord une vie conforme à la modicité de son revenu et à la gravité de l’état ecclésiastique ; il acquit au palais la réputation d’un magistrat zélé, austère et laborieux. Lors de l’exil du parlement, en 1753, il fut relégué à Châlons avec ses confrères. L’opulent héritage de son oncle, qu’il recueillit à son retour à Paris, changea ses mœurs avec sa fortune. Il se livra désormais à des pensées d’ambition qu’autorisait assez la considération qu’il s’était acquise dans sa compagnie par une incroyable facilité, une aptitude surprenante à saisir et à débrouiller les affaires les plus compliquées. Il commença même à se faire connaître à la cour, où la marquise de Pompadour régnait en souveraine. Ce n’est pas qu’il fût doué d’aucun de ces avantages extérieurs qui rendent les succès faciles. Sa taille élevée ne faisait que mieux ressortir la gaucherie de son maintien ; sa figure était ignoble et renfrognée, son regard en dessous ; il n’avait ni aisance, ni grâce dans la conversation ; mais il y suppléait par un cynisme d’actions et de paroles tout à fait en harmonie avec sa tournure de satyre.




Source:
- Biographie Universelle Ancienne et Moderne Tome XXXXI - Michaud, Paris, 1842


Dernière modification le 4 avril 2005.